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Cancer Vers un traitement à la carte ?

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Cancer Vers un traitement à la carte ?

Message par wassila le Dim Mai 16, 2010 8:19 pm

Pour lutter contre le cancer, les derniers progrès de la recherche concernent l'irruption de la biologie moléculaire dans la cancérologie. Derrière ces termes scientifiques alambiqués se cachent des stratégies facilement compréhensibles. Bio-informatique, génomique et protéomique n'auront plus de secret pour vous.

Avant de vous présenter les apports de la biologie moléculaire en cancérologie, un petit rappel de génétique apparaît indispensable.
Génomique et proténomique : kesako ?

Toutes nos cellules sont porteuses de la même information génétique contenue dans l’ADN. A partir de cette information génétique, une cellule fabrique les protéines qui lui donnent sa morphologie et ses capacités fonctionnelles.

En effet, l’information de l’ADN qui contient les gènes est recopiée par l’ARN polymérase. La copie en résultant, l’ARN messager, se dirige ensuite hors du noyau de la cellule vers le cytoplasme (partie de la cellule autour du noyau) où l’information qu’il contient sera décodée par l’ARN de transfert, ultime artisan de la synthèse des protéines


"La génomique étudie les gènes eux-mêmes (ADN). L’étude de l’expression des gènes sous forme d’ARN est la génomique fonctionnelle, et sous forme de protéines, la protéomique" résume le Pr. Gilles Vassal lors d’une conférence de presse d’Eurocancer.
Quelles implications en cancérologie ?

Les cancers sont des maladies du génome, comprenant des altérations de la structure des gènes et des anomalies de l’expression de ces gènes en protéines. Ainsi, grâce à la biologie moléculaire, on pourra comprendre comment certaines altérations du génome peuvent entraîner des cancers. Cette démarche n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau ce sont les possibilités d’étudier jusqu’à 25 000 gènes simultanément au lieu de quelques-uns seulement il y a quelques années. Les mêmes progrès ont été réalisés concernant l’analyse d’un très grand nombre de protéines.

Exemple concret : après ablation d’une tumeur dans le sein, un des problèmes majeurs est de prévenir l’apparition éventuelle de métastases. Généralement, le traitement passe par une chimiothérapie ou une hormonothérapie. Or 70 % des femmes n’en auraient pas besoin et subissent ainsi inutilement les effets secondaires de ces traitements lourds. Les avancées de la génétique pourraient permettre de régler ce problème.
Un nouveau moyen de lutter contre le cancer du poumon

Le cancer du poumon est le plus meurtrier de tous les cancers et, depuis bien des années, les chercheurs peinent à enrayer sa progression. Mais un nouveau composé offre aujourd’hui un nouveau moyen de lutter contre ce fléau. Offrant des résultats prometteurs, le gefitinib, une nouvelle molécule, bloque le signal à l’origine de la croissance des cellules cancéreuses.

Conséquence du tabagisme, le cancer du poumon n’est plus limité aux hommes. Il est même devenu la première cause de mortalité par cancer chez la femme aux Etats-Unis et est en passe de suivre la même voie en France. Le taux de survie à cinq ans de tous les stades de cancer du poumon confondus est d’environ 15 %.
Des résultats très encourageants

Un nouveau moyen de lutter contre le cancer du poumonLes résultats concernant le gefitinib (Iressa) présentés lors du Congrès de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO) apparaissent très prometteurs*. 256 patients atteints de cancer du poumon à un stade avancé et ne répondant plus aux cures de chimiothérapies classiques ont participé à cette étude.

Ces patients ont ainsi reçu une dose journalière de 250 ou 500 mg de gefitinib :

* 10 % des patients sous traitement ont vu leurs tumeurs diminuer de 50 % ou plus ;
* 36 % ont connu une amélioration de leurs symptômes : essoufflement, perte d’appétit, toux et perte de poids ;
* Pour la majorité des patients, l’amélioration des symptômes était sensible dans les dix jours suivant la prise du médicament.

L’efficacité du traitement apparaît sensiblement équivalente quelle que soit la dose, mais des effets secondaires plus importants étaient rapportés avec 500 mg (poussée d’acné, diarrhée, sécheresse de la peau).

Une précédente étude européenne avait obtenu des résultats plus encourageants encore sur l’efficacité de l’Iressa chez des patients ne répondant plus à une seule chimiothérapie traditionnelle. L’amélioration des symptômes concernait 40 % des personnes et la diminution des tumeurs concernait 18,4 % de l’échantillon.
Un mode d’action novateur

"Plus important encore, le gefitinib nous offre un nouveau moyen de lutter contre le cancer du poumon et suscite de nombreux espoirs quant à la possibilité de lutter plus efficacement en bloquant d’autres facteurs de croissance" déclare le responsable de l’étude Mark Kris.

Il s’agit en effet d’un mécanisme d’action tout à fait nouveau. Sur leur enveloppe externe, les cellules cancéreuses du poumon ont des récepteurs sur lesquels se lient des facteurs de croissance ; cette liaison entraîne un signal qui est transmis au noyau de la cellule et déclenche sa division, donc la multiplication des cellules cancéreuses. Le gefinitib bloque l’action des récepteurs, arrêtant ainsi la croissance tumorale : c’est une molécule "antiproliférative".

Grâce à cette nouvelle approche, seules les cellules cancéreuses sont attaquées, ce qui limite les effets secondaires par rapport aux chimiothérapies classiques.

Résultat : les malades à qui on ne promettait que quelques semaines ont vécu en moyenne plus de six mois après le début des tests.
Vers une multithérapie

Bien que ces résultats soient encourageants, le gefinitib ne permet pas d’offrir un traitement curatif à lui seul. Les spécialistes envisagent aujourd’hui d’associer différents médicaments, qui bloqueraient chacun une étape du développement cancéreux.




En effet, des chercheurs hollandais* viennent de mettre au point une technique très pointue de diagnostic. Après avoir analysé plus de 25 000 gènes et observé 117 patientes, ils ont déterminé 71 gènes permettant de prédire le risque de développer des métastases. Ils ont donc défini deux classes : les "mauvais pronostic", qui doivent subir un traitement préventif et les "bon pronostic", qui n’en ont pas besoin. La marge d’erreur de ce dépistage génétique semble faible, d’après les premiers résultats. Mais cette méthode doit être évaluée à plus grande échelle avant d’être validée. D’autre part, les 71 gènes révélés par cette méthode pourraient bien ouvrir de nouvelles perspectives de traitement…
De nouvelles cibles thérapeutiques

L’identification des protéines caractéristiques de la tumeur et de sa multiplication offre de nouveaux moyens de lutter contre le cancer. Ainsi, les nouveaux médicaments vont bloquer la multiplication des cellules cancéreuses spécifiquement. Par exemple, le Glivec ® a une action très ciblée sur les cellules leucémiques. Agissant sur celles-ci, il bloque l’expression d’une enzyme toxique liée à la présence d’un chromosome anormal et diminue ainsi la croissance cancéreuse. On peut également citer les médicaments capables de bloquer des récepteurs membranaires essentiels à la prolifération des cellules cancéreuses comme l’Iressa ®.

Autre implication possible : la connaissance de l’expression des gènes dans les cellules saines permet de comprendre quel patient est à risque de développer des effets toxiques secondaires à l’administration d’un traitement : c’est la pharmacogénétique.
Vers une classification "trans-organe" des cancers ?

Avec ces progrès technologiques, le risque est de crouler sous les données avec des milliers de protéines et de gènes identifiés comme pouvant jouer un rôle dans les processus cancéreux. C’est là qu’interviennent la bioinformatique et la biostatistique, seules capables de traiter des milliers de résultats pour en extraire une pertinence.

Outre la révolution des traitements anticancéreux, cette approche pourrait aboutir à une nouvelle classification des tumeurs. "Il en découlerait peut-être une nouvelle approche de la stratégie thérapeutique, déterminée à partir du profil biologique de la tumeur plutôt que de sa localisation" conclut le Pr. Michel Boiron.


* A Phase II Trial of ZD1839 ('Iressa') in Advanced Non-Small Cell Lung Cancer (NSCLC) Patients Who Had Failed Platinum- and Docetaxel-Based Regimens (IDEAL 2) – communication lors du congrès annuel de la société américaine d’oncologie clinique.

* Nature, janvier 2002 ; vol.415 : p. 484-485.

Source : Conférence de presse des Pr. Michel Boiron, Michel Marty et
Gilles Vassal

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